Chasse à l'approche du phacochère

Approche du phacochère au Sénégal

Conditions de l'approche du phaco

C'est une chasse qui se réalise très tôt le matin pendant que les phacochères sont en train de manger.
J'avais pris mon fusil calibre 12 avec quatre balles. Théoriquement c'était plus qu'assez.
Après m'être levé à 4 h 30 du matin et un départ à 5 h sur les pistes dans le noir, je suis arrivé dans un petit village où nous attendez le pisteur du village. Malgré mon pisteur du camp de chasse, il faut l'aide d'un homme qui connaît précisément une petite partie du territoire. Il faut prévoir de donner un pourboire au pisteur du village à la fin de la chasse. Conclusion, au Sénégal pensez à prendre des euros ou des francs CFA même en action de chasse.
Le pisteur du village était un homme très grand, d'une gentillesse remarquable et chaussé de sandales. Il était très avenant et voulait absolument me faire rencontrer des phacochères.
Je suis donc parti à travers la brousse avec les deux pisteurs qui parlaient beaucoup entre eux. Ce fut un moment magique.

L'approche dans la brousse

Les pisteurs marchaient devant moi. Ils étaient attentifs au moindre bruit de la brousse. Leurs pas étaient feutrés et ils semblaient survoler le sous-bois. Moi, avec mes chaussures adaptées aux terrains secs, anti-transpirantes, résistantes aux épines, etc., je me sentais comme un gros balourd faisant plein de bruit. Dans ces moments-là on se rend compte que le petit chasseur français est très éloigné de la nature.
Les pisteurs parfois s'arrêtaient, écoutaient et parlaient à voix basse. (ci-dessous les deux pisteurs en pleine recherche du phaco)

Pisteur de phacochère

J'avais l'impression que l'on tournait en rond dans des bois clairsemés. Autant j'appréciais cette approche du matin ou les francolins et les poules de roche décollaient (environ une centaine), autant j'étais sceptique sur le fait d'apercevoir un phacochère. J'avais envie de mettre des cartouches à plomb (pour tirer les francolins) et enlever les balles de mon fusil.
On parcourait depuis plus d'une heure ces sous bois, quand un des pisteurs m'a annoncé qu'il y avait à trente mètres deux phacochères en train de fouiller pour trouver des petits oignons (voir la page Fouille du phacochère). Il me montrait la direction avec son doigt et insistait pour que je tire. Je n'ai pas vu les deux phacochères. Je n'ai vu qu'une masse grise qui était le derrière du phaco. J'ai tiré et j'ai réussi à le louper. Mes pisteurs étaient très déçus surtout que c'était un gros mâle.
J'ai eu beau leur expliquer mon peu d'intérêt pour le phacochère et ma satisfaction de l'approche, ils avaient beaucoup de mal à me comprendre. Le phacochère est pour eux une source de viande inestimable.
Bref je conseille à tous les chasseurs de France de faire une approche avec les pisteurs sénégalais en sandalettes pour comprendre la notion de symbiose avec l'environnement.
Ils ont voulu poursuivre la chasse du phaco mais j'ai préféré tirer du francolin. L'approche s'est donc terminée sur une petite chasse aux francolins avant d'aller rejoindre mon ami chasseur parti chassé le phacochère à la carabine.
Ci-dessous les deux pisteurs juste après le tir d'un francolin.

Pisteur de phacochere

Je les remercie très fort pour ces instants extrêmes de communion avec la nature et je m'excuse auprès d'eux pour avoir louper le phacochère.

 

Mise à jour :07/09/2011